LES TOMBES DU RÉGIME COMMUNISTE AU CIMETIÈRE DE SOFIA

18/11/2024

Capitale

Sofia

Langue

Bulgare

Alphabet

Cyrillique

Monnaie

Euro

Fuseau horaire

UTC+2/+3

Régime politique

République parlementaire

Religion

Christianisme orthodoxe

Transports privilégiés

Trains, cars et bonnes routes sur les grands axes

J'avais parcouru le cimetière central de Sofia, grand de 913 hectares, depuis la fin de la matinée. Il faisait presque 35 degrés.

Le mausolée de Georgi Dimitrov, premier dirigeant de la Bulgarie communiste de 1946 à 1949, avait été dynamité en 1999. Le pays décidait de se débarasser de son héritage communiste, et particulièrement de l'opulent monument funèbre de l'homme qui incarnait désormais l'autoritarisme du régime.

Je venais pour trouver sa nouvelle tombe.

Le mausolée de Georgi Dimitrov à Sofia

La section 10 accueillait d'autres figures du socialisme. Comme partout à l'Est, le sort de leur dépouille à la chute du communisme était devenu politique. Les défunts, ici, n'avaient pas été déplacés.

Dimitar Blagoev.

Initiateur du socialisme balkanique au 19e siècle.

Todor Zhivkov.

Dirigeant de la République Populaire de Bulgarie de 1954 à 1989.

Luydmila Zhivkova.

Fille de Todor Zhivkov. A commandé la construction du "NDK" (Palais National de la Culture), lieu de flânerie incontournable de Sofia aujourd'hui.

La tombe de Dimitar Blagoev

Les tombes de Todor Zhivkov, sa femme et Lyudmila Zhivkova

Un ouvrage de Zhivkov au musée Red Flat

Le NDK et ses jardins aujourd'hui

Dimitrov n'avait évidemment pas été déplacé dans la prestigieuse section 10.

Je continuais à naviguer méthodiquement dans les allées.

J'observais les tombes de gauche.

Je faisais demi-tour et regardais celles de droite.

Il m'arrivait de revenir sur mes pas.

Je remontais les allées intermédiaires.

Et il faisait chaud.

Et puis il n'y avait plus d'allée.

Les tombes étaient abîmées. Des feuilles mortes en recouvraient les semelles et constituaient des passages de fortune.

Mes vas-et-vient méthodiques étaient devenus une déambulation hasardeuse. J'identifiais finalement la tombe par chance, grâce à la photo de Dimitrov. Elle était anonyme, parmi les centaines d'autres oubliées.

La demeure éternelle de Dimitrov avait subi un impressionnant déclassement. Elle n'avait la majesté ni d'un mausolée, ni des tombes de la section 10.

Le traitement posthume de Dimitrov illustrait les vives tensions autour de l'héritage communiste bulgare.

En 2000, une loi votée par le Parlement qualifiait de criminel le régime communiste bulgare.

A Sofia, le Musée National d'Histoire lassait lui-même le récit d'après-guerre quasiment vide.

Le mausolée de Dimitrov restait néanmoins bien mystérieux, puisque les souterrains, encore intacts, renfermeraient un laboratoire d'embaumement...

Les fondations du mausolée aujourd'hui

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