Créer de nouveaux imaginaires depuis les paysages abandonnés ou saturés par l'industrialisation.
10/05/2022
Il faisait froid, ce matin-là, même pour une matinée d'hiver au Kosovo.
Le pays, peuplé à 90% d'Albanais, avait déclaré son indépendance en 2008 vis-à-vis de la Serbie. A Mitrovica, il y avait le nord, serbe, et le sud albanais.
La Colline des Mineurs, au nord, était connue pour son spomenik qui dominait la ville. Il s'agissait d'une gigantesque sculpture de béton qui symbolisait l'union des mineurs albanais et serbes durant la Seconde guerre mondiale.
A pied, à flanc de colline, je constatais que le béton, ici, était aussi synonyme de désolation.




Depuis la fin de la guerre de 1999, le Kosovo avait amorcé sa transition vers l'indépendance. Les municipalités comme Mitrovica Nord se sont alors trouvées face au désengagement administratif et financier de Pristina, Belgrade et des acteurs internationaux. Le complexe sportif jamais achevé, à l'abandon, en témoignait.










Au bout d'un chemin pavé, symbole d'une unité passée, le spomenik se dévoilait.

"Monument to Fallen Miners", Bogdan Bogdanović, 1973
L'année 2004 avait marqué l'apogée des tensions entre Albanais et Serbes depuis la guerre. Les affrontements avaient provoqué un exode massif de la population.
A Mitrovica Nord, les cafés et restaurants du boulevard Pierre 1er étaient animés. Dans les autres rues du centre pourtant, les maisons brûlées ou abandonnées n'avaient jamais été reconstruites. Cette journée d'hiver, les habitants se promenaient alors que le temps, autour d'eux, semblait s'être arrêté en 2004.





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